L’Armenonville

Un peu parigots, un peu argentins, les musiciens de l’Armenonville (une chanteuse-comédienne polyglotte et un quatuor bandonéon-violon-guitare-contrebasse) chantent en français, jouent en espagnol et inversement.

C’est à un voyage émouvant, poétique et drôle qu’ils nous invitent, fait d’allers-retours entre classiques du tango porteño et perles oubliées de la chanson française, ponctués de textes déclamés comme des poèmes : traductions colorées, anecdotes rares, digressions déroutantes.

Né de la rencontre en 2008 entre Emeline Bayart, chanteuse et comédienne passionnée par le répertoire de la chanson réaliste, et Romain de Mesmay, violoniste et altiste amoureux de tango, ce projet accueille rapidement trois musiciens : Alix Merckx, qui assume la stabilité de l’édifice à la contrebasse, Julien Cousin, qui nourrit l’ensemble de ses harmonies à la guitare, et enfin Michel Capelier, auquel revient la tâche de réaliser les arrangements de l’Armenonville tout en tenant fermement les lanières du bandonéon.

Mêlant chanson et comédie, l’Armenonville s’attache à faire revivre les échos croisés entre Paris et Buenos Aires au travers d’un répertoire allant de Troilo à Fernandel en passant par Piazzolla et Juliette.

Pourquoi l’Armenonville ?

Au début du XXe siècle, la fièvre du tango naît à Paris. Dès son arrivée dans la capitale française, cette musique des bas-fonds argentins séduit les parisiens qui l’adoptent et se l’approprient : le rythme est toujours là, mais les textes prennent souvent un caractère plus léger. Au même moment, sur les bords du Rio de la Plata, dans les milongas comme dans la ville, on rêve de Paris, d’où le tango revient après avoir acquis ses lettres de noblesse, et sort des rues pour se diffuser dans toute la société argentine.

Cette obsession française amènera les fondateurs de l’un des plus fameux cabarets de Buenos Aires à lui donner pour nom L’Armenonville, faisant référence à un ancien pavillon de chasse parisien du XVIIIe siècle, transformé en lieu de réception à la Belle Époque.

Ce haut lieu du tango porteño vécut ses plus grandes heures dans les années 1910, notamment grâce à Carlos Gardel qui y fit ses débuts.